La Malle, deux français au Chaco

Exposition proposée par Philippe Obliger & Gerard Puel

Les artistes

Philippe Obliger, titulaire d’un doctorat en botanique, alterne entre son poste au sein du jardin botanique de Strasbourg et son activité artistique. Son premier axe de recherche, en tant que plasticien, tourne autour du végétal avec la création notamment d’un musée de l’ethnobotanique. Au-delà de ces recherches, il a rejoint en 2006 le collège de Pataphysique grâce auquel il a pu exposer au Palais de Tokyo en mars 2007 ainsi qu’à La Villette en décembre 2009. Par la suite il fut nommé régent de Pataphysique des Sciences Inexactes, chargé du Cours de Botanique Terrestre & Extraterrestre.

Gérard Puel, artiste plasticien d’origine montolivaine, explore le rapport de l’homme à la nature et à l’animalité au travers de ses dessins et peintures.

L’exposition

La présentation de l’exposition nous est proposée par Philippe Obliger et Gérard Puel. Rien, dans le texte qui suit, n’a été altéré ou ré-écrit :

Mon grand-père, Marcel Obliger et son camarade Justin Puel étaient ingénieurs des ponts. Aussitôt diplômés, ils avaient signé un contrat auprès d’une entreprise de constructions métalliques, H. Joret, qui les envoya au Paraguay, à la veille de la guerre. D’après les renseignements collectés dans la famille, le chantier a été arrêté à la suite d’un embargo sur toutes les matières premières, décidé par le gouvernement américain. Sans doute, à ce moment précis, ces deux-là ont-ils su que l’Europe était entrée en guerre. Désoeuvrés et sans bateau pour le retour, ils entreprirent ce voyage dans le Chaco, attirés sans doute par les récits d’aventure qui remplissaient les gazettes de l’époque. Ils seraient rentrés, en 1942, sur le Massilia qui faisait son dernier voyage. Il est à noter que les deux transatlantiques, le Piriapolis et le Massilia, sur lesquels ils ont voyagé, ont péri coulé par les belligérants de la seconde guerre mondiale. On ne sait pas quand exactement, mon grand-père, Marcel Obliger, commença son journal de voyage. Probablement sur le bateau du retour. Mais rien ne l’indique.

À l’examen des feuillets, il apparaît que beaucoup sont manquants car le journal commence sans préambule, abruptement. Ont-ils pu être détruits par la famille en raison d’un contenu d’ordre confidentiel ? Le saura-t-on jamais.

Les feuilles du journal sont illustrées par des dessins animaliers où le jaguar apparaît cinq fois. Ces dessins à l’encre ne semblent pas être de la main de mon grand-père, chez qui on ne connaissait pas ce genre de talent. Le mystère restera entier. Le journal se déroule sur neuf journées et ne narre que le voyage aller dans le Chaco. De son côté, Justin Puel, exerça son talent de dessinateur avec un oeil avisé et nous fait découvrir la vie des indiens du Pilcomayo.

Voilà ce que j’ai découvert dans la malle oubliée dans un recoin du grenier de la maison de famille et c’est désormais tout son contenu offert à la vue de tous.

Ces artefacts ainsi que les dessins du fameux journal seront exposés à l’espace Apollonia du 8 septembre au 16 octobre 2016.