Mazzarella Thomas

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Sans titre, 2011, acrylique sur bois, 33×24 cm

1983, in Charleroi

Vit et travaille à Bruxelles

 

Je suis né en 1983 comme Thomas Mazzarella, lui à Charleroi, moi dans une petite ville de Lorraine.

J’ai eu un Sega Master System dès sa sortie en France. Les films américains passaient à la télévision. Je voyais des images de grandes villes, d’actions, de violence, avec un niveau d’inconscience très élevé. Comme un petit animal. Le crépuscule sidérurgique était bien entamé : rouille, craquelure, moisissure, poussière au dehors. Odeur de fumée, comme de la porchetta. Beaucoup de rouille.

Une atmosphère chargée et  comprimée. Mais un virtuel flambant neuf, lumineux, idéal et riche en émotions vierges nous était proposé. Des mondes à défricher face au nôtre, en friche. Il n’y avait pas la connaissance que l’internet a apportée depuis, mais des murs lézardés. Cette sortie de route permettait de mettre en sourdine le poids des anciens. Ce qui passait pour de l’autisme était une révolution de l’imaginaire. Tellement de choses ont été écrites là-dessus et l’histoire est bien connue.

C’est l’histoire de nos sociétés occidentales et de leur modèle américain. Nous sommes devenus ce que l’on nous a proposé, mais, à y bien réfléchir, ce n’était pas une proposition. « Nous sommes une matière qui épouse toujours la forme du premier monde venu », comme l’écrit Robert Musil. Ça venait juste d’arriver, encore une fois et jusqu’à la prochaine fois.
Aujourd’hui, rétrospectivement, on a l’impression que la génération Y a été dépossédée de son imaginaire, qu’on lui a revendu au prix fort, technologique. Nous avons été piégés, et ce piège était en réalité une proposition esthétique. Un programme de jeux vidéo, à travers des paysages urbains, des couchers de soleil en zone industrielle, des déserts bétonnés, des cinémas en plein air, des toits terrasses et des galeries commerçantes. Et au milieu de tout ça, une solitude organisée, celle du héros de jeu de plate-forme. Vous regardez par la fenêtre, mais l’infini est un écran. Vous êtes dans une peinture de Thomas Mazzarella.

Que faire de nos quêtes existentielles livrées en pâture au divertissement ? La mélancolie a trouvé son costume trois pièces. Dès l’origine, elle était déjà dans l’atmosphère de ces grands espaces architecturaux américains. Elle s’immisce partout, tout le temps. Notre amnésie de l’ancien monde a laissé la place à un autre genre de spleen, le spleen post-moderne. Notre élevage était sauvage, il
est maintenant industriel. Les enfants ne se barbouillent plus dans le gravier, ils gominent leurs cheveux. Le lisse est la texture reine. Le crade est une posture, la bad painting est un code.

Thomas Mazzarella a du avoir l’intuition de tout cela, il a vu ce qui est à l’œuvre et il s’est dit qu’il n’y avait rien à ajouter, juste à dépeindre la scène. Humble et croyant, voulant bien croire à cette beauté mutante. Ce n’est pas pour rien si les objets qu’il produit, peints sur panneaux de bois, s’apparentent à des ex voto : il se place en tant que nouveau primitif.

Ses tableautins posent les cadres de nos existences de primitifs d’une ère nouvelle. La représentation humaine revêt le caractère anonyme des commencements. Ses personnages sont des archétypes de surfeur, de glandeur, de chômeur. Ils sont comme vous et moi : ils glanent des stimuli. La vie est un parc d’attractions et vous avez droit à plusieurs vies. L’aliénation a un parfum de vanille fraise. Vous reprendriez bien une petite boule ?

Borre Clément, 2016

 

Selected Exhibitions :

2015-2016
_Solo show, “De l’an 2000”, Rossi Contemporary – Brussels.BE.
_Group show, “Meditations on a hobby horse” – CIAP, Hasselt. BE.
_Duoshow with Eric Croes @ Art brussel 2016 with RossiContemperoray-Tour&Taxis, Brussels. BE.
_Group show, “illustre !” @ Centre de la gravure et de l’image imprimée, La Louviere. BE.

2013-2014
_Group show, “About waves 3/via het virtuele” – Museum cultuur Strombeek Gent. BE
_Group show, “Magnus Magnum” – Studio Belleflamme, Liège. BE.
_Group show, “Photo de groupe” – Rossi contemporary, brussels. BE.

2011-2012
_Group show, “100 records”, University of Oregon in Eugene, USA – Comfortable on a Tightrope, Manchester, UK.
_Group show, “L’art de l’irrévérence” – Centre Wallonie-Bruxelles, Paris. FR – Espace Saint-Antoine, Liège, BE – espace Apollonia – Strasbourg. Fr
_Solo show, “minute papillon”, Rossi contemporary – Bruxelles,BE.
_Duo show with Truc-Anh, Albus lux gallery – Rosendaal,NL.
_Group show – “Blaque lyte” curated by Chriss Kerr and Paul Nudd – Chicago’s Hyde Park Art Center,USA
_Solo show, “1, 2, 3, piano”, Le coin C gallery – Knokke, BE
_Group Show, “Blaque lyte”, ADA gallery, Richmond VA, USA.
_Solo show, “En voiture Simone”, Rossi contemporary, brussels. BE.

2003-2010
_Group show, « l’expo de vos r^ves ». Ianchelevici museum. La Louvière.BE
_Duo show with Marie Rosen, Galerie Flux. Liège.BE
_Group show, « Pages blanches ».Les Brasseurs. Liège.BE
_Group show, « Glocal Affairs – Der anlauf, l’élan, de aanloop ». Maastricht.NL
_Group show , « Power to the people ». Aeroplastics contemporary. Brussels.BE
_Group show. Albuslux. Roosendaal. NL
_Group show, KRETS gallery – Malmö.SW
_Group show, “100 records”, Gallery16, San Francisco, CA – Okay Mountain, Austin, TX – Cinders gallery, NYC – False Front gallery, Portland. USA – University        of Oregon in Eugene – Comfortable on a Tightrope, Manchester, UK.
_Solo show, Rossi Contemporary – Brussels.BE
_Group show, Slowboy gallery – Dusseldorf.GER

Bourses et récompenses :

2007-2008
_Finalist Collignon prize. MAMAC, Liège,BE
_Laureate 2nd prize, Art contest, Brussels.BE
_Laureate Capitaine Marie prize. Liège.BE
_Finalist Irène and Pierre Ransy prize, La Louvière, BE

Education:

Fine Arts Academy of Liège, 2004-2008.

 

http://www.mazzarellathomas.com/texts/

 

Dans le cadre de :